L'abattement pour durée de détention est la réduction appliquée à une plus-value immobilière selon le nombre d'années de détention du bien cédé. Cette réduction obéit à deux barèmes distincts : l'exonération d'impôt sur le revenu est acquise au terme de 22 ans, celle des prélèvements sociaux au terme de 30 ans.
En bref
- Aucun abattement pendant les cinq premières années de détention du logement.
- Plus-value totalement exonérée d'impôt sur le revenu après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.
- Taux d'imposition de 19 % plus 17,2 %, soit 36,2 % de l'assiette imposable, hors taxe additionnelle.
- Le délai court de l'acte d'achat à l'acte de vente ; la cession de la résidence principale reste exonérée sans condition de durée.
À quoi sert l'abattement pour durée de détention
La plus-value immobilière correspond à l'écart entre le prix auquel un bien est cédé et son prix d'acquisition corrigé. Ce régime de fiscalité immobilière concerne toute personne physique, ou toute société civile soumise à l'impôt sur le revenu, qui cède un logement, un terrain ou des droits immobiliers hors activité professionnelle. La plus-value brute n'est pas imposée telle quelle : un abattement réduit la base imposable à mesure que la durée de détention s'allonge, jusqu'à l'effacer, le montant des frais et des travaux de construction venant en outre majorer le prix d'acquisition. Le mécanisme repose sur une idée simple, celle qu'une plus-value accumulée sur trente ans ne se compare pas à une plus-value réalisée en dix-huit mois, et qu'une part de cette somme ne fait que suivre la hausse générale des prix de l'immobilier.
Ce que l'administration fiscale appelle plus-value nette imposable est donc le résultat de deux opérations successives : le calcul de la plus-value brute, puis l'application du taux d'abattement correspondant à la durée réelle de détention. Le point qui surprend le plus les vendeurs est que ce taux n'est pas unique. L'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux ont chacun leur barème, avec leur propre rythme et leur propre terme, si bien qu'un bien vendu au bout de vingt-cinq ans peut être totalement exonéré d'impôt tout en restant soumis à une contribution sociale résiduelle.
Cette dualité explique la plupart des mauvaises surprises au moment de signer. Un propriétaire qui a retenu le chiffre de vingt-deux ans se croit libéré de toute imposition, alors que la part sociale de la plus-value reste taxable huit ans de plus. Comprendre le fonctionnement des deux barèmes permet d'estimer le coût réel d'une vente et, dans certains cas, de décider d'attendre quelques mois.
Les deux barèmes d'abattement, année par année
Le barème applicable à l'impôt sur le revenu
Pour la part de la plus-value taxée à l'impôt sur le revenu, l'abattement suit une progression fixée à l'article 150 VC du code général des impôts (CGI). Rien n'est acquis pendant les cinq premières années. La sixième année ouvre un rythme de six points par année révolue, maintenu jusqu'à la vingt et unième. La vingt-deuxième année apporte les quatre points restants et porte l'abattement à cent pour cent.
| Durée de détention | Taux par année | Abattement cumulé |
|---|---|---|
| Jusqu'à 5 ans | 0 % | 0 % |
| De la 6e à la 21e année | 6 % | 96 % à 21 ans |
| 22e année | 4 % | 100 % |
Concrètement, un logement détenu depuis quinze années révolues bénéficie de dix annuités à six points, soit soixante pour cent d'abattement : la base taxable à l'impôt sur le revenu ne représente plus que quarante pour cent de la plus-value brute. Le même bien conservé sept ans de plus sort complètement de l'assiette.
Le barème applicable aux prélèvements sociaux
Les prélèvements sociaux obéissent à un rythme beaucoup plus lent au début, puis nettement plus rapide sur la fin. Le taux annuel est de 1,65 % de la sixième à la vingt et unième année, de 1,60 % pour la vingt-deuxième, puis de 9 % par année révolue de la vingt-troisième à la trentième. Après trente ans, la plus-value est exonérée à ce titre également.
| Durée de détention | Taux par année | Abattement cumulé |
|---|---|---|
| Jusqu'à 5 ans | 0 % | 0 % |
| De la 6e à la 21e année | 1,65 % | 26,40 % à 21 ans |
| 22e année | 1,60 % | 28 % |
| De la 23e à la 30e année | 9 % | 100 % |
La lecture croisée des deux tableaux donne la vraie photographie d'une cession. À vingt-deux ans, l'abattement social plafonne à 28 % quand l'abattement fiscal atteint déjà son terme. Les huit années suivantes valent donc beaucoup, puisqu'elles effacent les 72 % restants au rythme de neuf points chacune. À neuf points effacés par an, un vendeur proche de la trentième année a souvent intérêt à décaler la signature de quelques semaines.
La date qui fait courir le délai
Le décompte commence à la date d'acquisition, c'est-à-dire à la date de l'acte authentique d'achat, et s'arrête à la date de l'acte authentique de vente. Ni la promesse ni le compromis synallagmatique de vente ne comptent, ce qui a une conséquence pratique : une signature repoussée de trois semaines peut faire franchir une annuité et changer le taux applicable. Le calcul se fait par périodes de douze mois de date à date, jamais par années civiles, et seules les années entièrement révolues sont retenues.
Quand le bien a été reçu par donation ou par succession, la date retenue est celle de la mutation à titre gratuit, c'est-à-dire la date de l'acte de donation ou la date du décès. Un héritier qui vend rapidement un logement familial détenu depuis longtemps par le défunt repart donc de zéro, ce qui est l'un des points les moins intuitifs du régime. Les droits de donation et de succession déjà acquittés viennent en revanche majorer le prix d'acquisition retenu.
Calculer la plus-value avant tout abattement
Calculer la plus-value suppose de reconstituer deux montants, le prix de cession et le prix d'acquisition corrigé, dont chacun obéit à ses propres règles de prise en compte.
Le prix de cession
Le prix de cession est celui qui figure dans l'acte, augmenté des charges et indemnités mises à la charge de l'acheteur au profit du vendeur, puis diminué de certains frais supportés par le vendeur sur justificatifs. Entrent dans cette dernière catégorie le coût des diagnostics obligatoires, les frais de mainlevée d'hypothèque et la commission d'agence lorsqu'elle est contractuellement à la charge du vendeur. Une commission mise à la charge de l'acheteur ne réduit pas le prix de cession.
Le prix d'acquisition et ses majorations
Le prix d'acquisition correspond au montant réellement payé lors de l'achat, tel qu'il figure dans l'acte. Il peut être majoré de deux ensembles de dépenses, chacun ouvrant le choix entre le réel et un forfait.
- Les frais d'acquisition : droits d'enregistrement, émoluments du notaire et frais d'acte, retenus pour leur montant réel sur justificatifs ou, à défaut, pour un forfait de 7,5 % du prix d'achat.
- Les travaux : dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration, retenues pour leur montant réel si elles ont été réalisées par une entreprise et n'ont pas déjà été déduites d'un revenu foncier. Dès la sixième année de détention, un forfait égal à 15 % du prix d'acquisition s'applique sans qu'aucune facture soit à produire.
Le forfait travaux est le levier le plus souvent oublié. Il s'applique de plein droit dès que la condition de détention est remplie, sans avoir à prouver la moindre dépense, et il vient s'ajouter au forfait de frais d'acquisition. Sur un appartement acheté 200 000 euros et détenu depuis douze ans, ces deux forfaits majorent le prix d'acquisition de 45 000 euros, ce qui réduit d'autant l'assiette imposable. Les travaux réellement réalisés ne sont retenus que s'ils dépassent ce forfait, ce qui suppose de conserver les factures d'entreprise et de comparer les deux méthodes.
En cas d'acquisition à titre gratuit, le prix d'acquisition est remplacé par la valeur retenue pour la liquidation des droits de mutation, majorée des frais réellement acquittés. Les dépenses d'entretien courant et les réparations locatives restent en dehors du calcul, quelle que soit leur ampleur.
Les justificatifs se préparent longtemps avant la vente. Une facture d'entreprise doit porter la mention de la nature des travaux, leur adresse et leur date, faute de quoi le notaire refusera de la retenir. Un devis, un bon de commande ou une facture d'achat de matériaux posés par le propriétaire lui-même ne suffisent pas : la loi exige une intervention réalisée par une entreprise. Conserver ces pièces pendant toute la durée de détention est la seule façon de comparer utilement le réel et le forfait de 15 %, et de justifier le choix retenu si l'administration demande des explications après la cession.
Un exemple chiffré complet
Prenons une résidence secondaire acquise 180 000 euros et revendue 320 000 euros après quinze années révolues de détention. Le prix d'acquisition est majoré du forfait de frais de 7,5 %, soit 13 500 euros, et du forfait travaux de 15 %, soit 27 000 euros. Le prix d'acquisition corrigé atteint donc 220 500 euros, et la plus-value brute s'établit à 99 500 euros.
À quinze ans, l'abattement pour durée de détention est de 60 % pour l'impôt sur le revenu et de 16,50 % pour les prélèvements sociaux. L'assiette de l'impôt sur le revenu ressort à 39 800 euros, taxée à 19 %, soit 7 562 euros. L'assiette sociale ressort à 83 083 euros, taxée à 17,2 %, soit 14 290 euros. Le total dépasse 21 800 euros, dont près des deux tiers au titre des prélèvements sociaux.
Le même bien vendu sept ans plus tard, à vingt-deux ans de détention, serait totalement exonéré d'impôt sur le revenu, mais son abattement social ne serait que de 28 % : la note sociale resterait supérieure à 12 000 euros. Il faut atteindre la trentième année pour que la vente ne coûte plus rien. Cet écart entre les deux barèmes est ce que la plupart des simulateurs approximatifs laissent de côté, et c'est aussi ce qui rend une projection maison souvent trop optimiste.
Taux d'imposition et surtaxe sur les fortes plus-values
La plus-value nette imposable supporte un taux proportionnel de 19 % pour l'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 % au total. Cette seconde composante regroupe la contribution sociale généralisée, la contribution au remboursement de la dette sociale et le prélèvement de solidarité, dont les parts respectives expliquent qu'un abattement social plus lent ait été retenu par le législateur. Ces deux taux ne dépendent ni du revenu du vendeur ni de sa tranche marginale, ce qui distingue nettement ce régime de celui des revenus fonciers ou de l'imposition des plus-values mobilières, où le choix entre le prélèvement forfaitaire et le barème progressif reste ouvert.
Au-delà de 50 000 euros de plus-value imposable, une taxe additionnelle prévue à l'article 1609 nonies G du code général des impôts s'ajoute, selon un barème progressif compris entre 2 % et 6 %. Elle s'apprécie après application de l'abattement pour durée de détention, ce qui signifie qu'une longue détention peut faire passer une opération sous le seuil et supprimer la surtaxe. Les terrains à bâtir en sont expressément exclus.
Le montant net imposable est ensuite reporté sur la déclaration de revenus de l'année suivante. Il n'est pas taxé une seconde fois, mais il entre dans le revenu fiscal de référence, ce qui peut faire perdre le bénéfice de certains dispositifs sous condition de ressources. Ce détail échappe souvent aux vendeurs, qui découvrent l'effet un an plus tard lors de leur déclaration d'impôt sur le revenu.
Les exonérations qui rendent l'abattement sans objet
Plusieurs situations écartent purement et simplement l'imposition, sans qu'il soit besoin de s'intéresser à la durée de détention. Les principales figurent à l'article 150 U du code général des impôts, et chacune obéit à des conditions d'exonération précises qui se vérifient avant la signature.
- La résidence principale : la cession du logement occupé à titre de résidence principale au jour de la vente est exonérée en totalité, ainsi que ses dépendances immédiates cédées simultanément. C'est le cas le plus fréquent, et il ne suppose aucune durée minimale.
- La première cession d'un autre logement : un vendeur qui, durant les quatre années précédant la vente, n'a détenu à aucun moment sa résidence principale peut être exonéré s'il remploie le prix dans l'acquisition ou la construction de sa résidence principale dans les vingt-quatre mois.
- Les petites cessions : un prix de vente inférieur ou égal à 15 000 euros, apprécié par bien et par vendeur, échappe à l'imposition.
- La détention longue : au-delà de trente ans révolus, l'exonération est totale au titre des deux barèmes, sans démarche particulière.
- Les retraités et les personnes invalides : les titulaires d'une pension de retraite ou d'une carte d'invalidité de deuxième ou troisième catégorie bénéficient d'une exonération sous condition de revenu fiscal de référence et de non-assujettissement à l'impôt sur la fortune immobilière.
- L'expropriation : l'indemnité perçue est exonérée à condition d'être remployée dans les douze mois.
- Les non-résidents : une exonération plafonnée à 150 000 euros de plus-value nette est prévue pour les personnes domiciliées hors de France sous certaines conditions, sujet développé dans notre page sur la fiscalité des expatriés.
Chacun de ces cas répond à des conditions précises que le notaire vérifie au moment de l'acte. Une exonération refusée après coup se traduit par un rappel assorti d'intérêts, ce qui rend utile un examen préalable dès la signature de la promesse.
L'abattement exceptionnel en zone tendue et la cession au logement social
À côté du barème général, le législateur a mis en place des abattements exceptionnels destinés à libérer du foncier là où la construction manque. Le dispositif de l'article 150 VE du code général des impôts vise les biens situés en zone A bis, A ou B1, lorsque l'acquéreur s'engage à démolir les constructions existantes pour édifier des logements collectifs occupant une part majoritaire de la surface totale de plancher autorisée. La qualification des logements sociaux et intermédiaires renvoie au code de la construction et de l'habitation, et non au code général des impôts. L'abattement atteint alors 70 %, taux porté à 85 % lorsque l'opération est majoritairement destinée à du logement social ou intermédiaire.
Ce mécanisme est borné dans le temps par la date de signature de la promesse de vente, avec un délai maximal pour la réalisation de l'acte authentique. Cette fenêtre a été prorogée et modifiée à plusieurs reprises par les lois de finances successives : il est indispensable de vérifier la version en vigueur avant de fonder une décision de vente sur ce taux, la doctrine publiée par l'administration au bulletin officiel des finances publiques faisant foi.
Une exonération distincte concerne les ventes réalisées directement au profit d'un organisme de logement social, bailleur social ou société d'économie mixte gérant des logements sociaux, ainsi que les ventes consenties à un acquéreur qui s'engage à réaliser des logements sociaux dans un délai de quatre ans. Elle porte alors sur la totalité de la plus-value, et non sur une fraction, ce qui en fait un levier significatif pour les propriétaires de terrains ou d'immeubles situés dans les communes soumises à une obligation de production de logement social. Le régime du logement social se distingue ici du logement libre par une exonération de plein droit et non par un simple abattement partiel.
La distinction entre logement social et logement intermédiaire compte, car les deux ouvrent le taux majoré. Le logement social au sens strict est financé par un prêt aidé et loué sous plafonds de ressources par un bailleur social agréé ; le logement intermédiaire vise des ménages trop aisés pour le parc social et trop modestes pour le marché libre. Un programme mixte, qui associe une part de logement social et une part d'accession libre, ouvre le taux majoré dès lors que la part sociale reste majoritaire en surface de plancher.
Le zonage conditionne l'ensemble de ces régimes. Les zones A bis, A et B1 recouvrent les agglomérations où la tension entre l'offre et la demande de logement est la plus forte, et ce sont elles que la loi vise pour encourager la construction de logement social ou intermédiaire. Une commune carencée au regard de ses obligations de logements sociaux voit le taux majoré s'appliquer plus largement, la collectivité ayant intérêt à ce que le foncier disponible parte à un opérateur social plutôt qu'à un programme entièrement libre.
Ces abattements exceptionnels ne se cumulent pas entre eux, mais ils se cumulent avec l'abattement pour durée de détention : le taux exceptionnel s'applique sur la plus-value déjà réduite par le barème général, pour l'impôt sur le revenu comme pour les prélèvements sociaux. Un bien détenu depuis douze ans et cédé à un opérateur social dans le cadre d'un programme immobilier majoritairement social peut ainsi voir la quasi-totalité de sa plus-value effacée, alors que le barème seul n'aurait effacé que 42 % de la part soumise à l'impôt sur le revenu.
Démembrement, indivision, terrain et parts de société
Quatre configurations de propriété changent la façon dont l'abattement se calcule, sans modifier le barème lui-même.
En cas de démembrement, l'usufruitier et le nu-propriétaire sont imposés séparément sur leur propre plus-value, chacun avec sa durée de détention. Celle-ci court à compter de la date à laquelle chaque personne a acquis son droit, ce qui donne souvent deux taux d'abattement différents sur un même bien. Lorsque la pleine propriété est reconstituée par extinction de l'usufruit, la durée retenue pour l'ancien nu-propriétaire reste celle de l'acquisition de la nue-propriété : l'extinction ne fait pas repartir le compteur, ce qui joue en faveur du vendeur.
En indivision, chaque indivisaire déclare sa quote-part de plus-value et bénéficie de l'abattement correspondant à sa propre durée de détention. Le partage portant sur des biens issus d'une même succession ou d'une communauté n'est pas une cession imposable et ne réinitialise donc pas le décompte, alors qu'une vente de part entre indivisaires étrangers l'un à l'autre en est une.
Le terrain à bâtir suit le même barème que le bâti, avec deux différences notables. La surtaxe sur les fortes plus-values ne lui est pas applicable, ce qui allège la facture sur les grosses opérations. Sur le plan du calcul, aucun forfait travaux ne peut en revanche majorer le prix d'acquisition d'un terrain nu, faute de construction à améliorer : la base imposable s'en trouve mécaniquement plus élevée, et la plus-value avec elle.
Les parts de sociétés à prépondérance immobilière relèvent enfin du même régime. La cession de parts de SCPI, comme celle de parts d'une société civile immobilière soumise à l'impôt sur le revenu, ouvre droit au même abattement pour durée de détention, calculé sur la durée de possession des parts et non sur celle des immeubles détenus par la société. Un porteur qui a investi dans une SCPI de rendement il y a vingt ans profite donc d'un abattement de 90 % sur la part taxée à l'impôt sur le revenu, ce que beaucoup d'épargnants ignorent au moment d'arbitrer leur investissement immobilier.
Les cas qui échappent à ce barème
L'abattement pour durée de détention appartient au régime des plus-values des particuliers. Trois situations en sortent, et les confondre coûte cher.
- Une société civile immobilière soumise à l'impôt sur les sociétés relève des plus-values professionnelles. La plus-value se calcule sur la valeur nette comptable, après déduction des amortissements pratiqués, et aucun abattement pour durée de détention ne s'applique. Une SCI à l'impôt sur le revenu reste au contraire dans le régime décrit ici, chaque associé étant imposé sur sa quote-part.
- La location meublée non professionnelle (LMNP) a changé de traitement avec la loi de finances pour 2025, pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025 : les amortissements déduits pendant l'exploitation viennent désormais minorer le prix d'acquisition, ce qui augmente mécaniquement la plus-value imposable. Certaines résidences gérées, notamment étudiantes, seniors ou médicalisées, restent en dehors de cette réintégration.
- Une activité de marchand de biens, caractérisée par l'achat en vue de la revente et la répétition des opérations, fait basculer le vendeur dans les bénéfices industriels et commerciaux, sans abattement ni taux proportionnel.
Un détail fiscal mérite d'être connu : une moins-value immobilière n'est en principe ni imputable sur d'autres plus-values, ni reportable sur les années suivantes. Vendre à perte n'ouvre donc aucun droit, sauf dans le cas particulier de la vente en bloc d'un immeuble acquis par fractions successives.
Faut-il attendre une annuité de plus avant de vendre
L'hésitation revient à chaque projet de cession : le gain d'abattement justifie-t-il de repousser la vente de quelques mois. Elle se tranche par un calcul, pas par une règle générale, et trois éléments suffisent à le poser.
- Le gain fiscal d'une annuité supplémentaire. Entre la 6e et la 21e année, une année de détention en plus vaut 6 % d'abattement sur la part taxée à l'impôt sur le revenu et 1,65 % sur les prélèvements sociaux. Sur une plus-value brute de 100 000 euros, cela représente environ 1 400 euros. Entre la 23e et la 30e année, la même année vaut 9 % de prélèvements sociaux, soit près de 1 550 euros, un montant nettement supérieur.
- Le coût de l'attente. Intérêts d'un prêt encore en cours, taxe foncière, charges de copropriété, entretien et vacance locative viennent en déduction de ce gain. Sur un bien à crédit, le coût annuel dépasse fréquemment l'économie d'impôt attendue avant la 22e année.
- Le risque de marché. Une baisse de prix de 2 % sur un bien à 300 000 euros efface plus de quatre années d'abattement sur la plus-value. Ce risque financier pèse plus lourd que le barème dans la plupart des arbitrages de patrimoine.
La règle pratique qui se dégage de ce calcul est simple : attendre a rarement un intérêt entre la 6e et la 21e année, où le gain annuel reste modeste, et en a presque toujours un entre la 23e et la 30e, où chaque année révolue efface neuf points de prélèvements sociaux. Un vendeur à trois mois de franchir une annuité dans cette seconde plage gagne à décaler la signature de l'acte authentique, en veillant à ce que la promesse ne l'engage pas à signer plus tôt.
Abattement pour durée de détention : le calcul expliqué
- Quel est l'abattement pour durée de détention ?
- Il est nul les cinq premières années, puis progresse de 6 points par année révolue jusqu'à la vingt et unième et de 4 points la vingt-deuxième pour l'impôt sur le revenu. Côté prélèvements sociaux, le rythme est de 1,65 point par an jusqu'à la vingt et unième année, de 1,60 point la vingt-deuxième, puis de 9 points par an jusqu'à la trentième.
- Combien de temps faut-il garder un bien pour ne pas payer de plus-value ?
- Vingt-deux ans révolus suffisent pour être exonéré d'impôt sur le revenu, mais il faut trente ans révolus pour être également exonéré de prélèvements sociaux. L'exonération complète n'est donc acquise qu'au terme de la trentième année.
- Comment calculer la plus-value immobilière ?
- On retranche du prix de cession le prix d'acquisition, lui-même majoré des frais d'acquisition (au réel ou par un forfait de 7,5 %) et des travaux (au réel ou par un forfait de 15 % ouvert dès la sixième année). Le résultat est la plus-value brute, à laquelle s'applique ensuite l'abattement pour durée de détention.
- Quel est le taux d'imposition applicable ?
- Un taux proportionnel de 19 % pour l'impôt sur le revenu, majoré de 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 % de la plus-value nette imposable, auxquels s'ajoute une surtaxe de 2 % à 6 % au-delà de 50 000 euros de plus-value imposable.
- La résidence principale est-elle concernée par l'abattement ?
- Non, sa cession est exonérée en totalité dès lors qu'elle constitue la résidence principale du vendeur au jour de la vente. La durée de détention n'entre pas en ligne de compte, et l'abattement n'a donc pas à être calculé.
- Les frais de notaire réduisent-ils la plus-value ?
- Ceux payés lors de l'achat viennent majorer le prix d'acquisition, retenus au réel ou par un forfait de 7,5 %. Ceux liés à la vente ne sont pas déductibles à ce titre, seuls certains frais précis supportés par le vendeur venant diminuer le prix de cession.
- Un bien hérité repart-il de zéro ?
- Oui pour le décompte de la durée de détention, qui court à compter du décès. Le prix d'acquisition retenu est la valeur déclarée dans la succession, majorée des droits et frais réellement acquittés.
Qui calcule, qui déclare et qui paie
La plus-value immobilière n'est pas déclarée par le vendeur au printemps suivant. Elle est liquidée par le notaire au moment de l'acte authentique, sur un formulaire dédié, et le montant dû est prélevé sur le prix de vente puis reversé au service de la publicité foncière. Le vendeur reçoit donc un solde net et n'a rien à avancer.
Sa seule obligation ultérieure consiste à reporter le montant net imposable sur sa déclaration annuelle, à la ligne prévue à cet effet, pour la détermination du revenu fiscal de référence. En cas de désaccord sur le calcul, la contestation suit la voie de la réclamation contentieuse, dans le délai décrit sur notre page consacrée à la réclamation et au délai de reprise.
La complexité vient rarement du barème d'abattement, qui est mécanique, mais de la détermination de l'assiette : justification des travaux, qualification de la résidence principale, articulation avec une donation antérieure ou avec une détention en société. Sur une opération importante, un examen préalable avec un professionnel du conseil fiscal patrimonial coûte moins cher qu'un redressement. Ce site est indépendant et n'a aucun lien avec l'administration fiscale : les textes applicables sont consultables sur le site du service public de l'administration française, à l'adresse service-public.fr.
La base légale de l'ensemble figure aux articles 150 U à 150 VH du code général des impôts, et la doctrine administrative correspondante est publiée sous la référence BOI-RFPI-PVI. Toute mention d'un taux lue dans la presse ou sur un site spécialisé mérite d'être recoupée avec cette source : une loi de finances peut modifier un barème au 1er janvier d'une année à l'autre, et un abattement exceptionnel peut cesser de s'appliquer sans que les pages qui le décrivent soient mises à jour. Par exemple, la fenêtre ouverte pour les cessions en zone tendue a déjà été déplacée deux fois depuis sa création.
















